NOTE DE SYNTHÈSE SUR LE MIIC AFRIQUE
Cette note de synthèse présente les principaux défis auxquels est confrontée le MIIC Afrique ainsi que les priorités stratégiques qui guident son action pour la période 2024-2028, dans le but de renforcer l’efficacité organisationnelle, d’accroître son impact et d’assurer sa viabilité à long terme.
Contexte organisationnel
Le MIIC Afrique est présent dans 20 pays à travers le continent. Il tient un statut légal TRUST au Kenya. Le mouvement a été connu pour son implication sur les questions d’injustice socio-économique, des droits de l’Homme, de la formation pastorale et du plaidoyer politique, en mobilisant des professionnels et des jeunes catholiques aux niveaux national, régional et mondial.
Défis et opportunités
L’analyse de la situation révèle que l’environnement opérationnel de Pax Romana est confronté à plusieurs défis, classés par ordre de priorité comme suit :
- La faible capacité organisationnelle du MIIC à accomplir ses missions. Cela se caractérise par des rôles conflictuels et qui se chevauchent entre le Conseil d’administration et le Comité exécutif.
- Des ressources humaines insuffisantes pour faire le travail. Manque de ressources pour soutenir une infrastructure physique adéquate pour le bureau du mouvement.
- Faible capacité du mouvement (pour les professionnels et les jeunes) à atteindre ses buts, objectifs et aspirations.
- Faible protection et priorisation des droits de l’homme aux niveaux national et sous-régional.
- Formation pastorale insuffisante des membres professionnels et des jeunes à la doctrine sociale de l’Église, caractérisée par la désagrégation des réseaux sociaux et des familles ; absence de structures de leadership au niveau local, par exemple dans les paroisses des diocèses où se trouvent les laïcs, et influence négative des réseaux sociaux.
- La généralisation d’un plaidoyer fondé sur des données factuelles pour un engagement politique efficace aux niveaux national, régional et mondial est entravée par la faible visibilité de Pax Romana aux niveaux local (diocèse), national et régional.
- L’insuffisance d’une base financière faible et des partenariats stratégiques pour soutenir les opérations et les programmes du MIIC.
- Une lassitude des donateurs, car la plupart des organisations/mouvements sollicitent les mêmes institutions catholiques pour leurs frais de fonctionnement;
- L’absence d’une stratégie de mobilisation des ressources.
Objectifs stratégiques
Le Plan stratégique développé en 2023-2024 définit six axes stratégiques de mise en œuvre, à savoir : le renforcement des capacités organisationnelles ; le développement de l’adhésion et le perfectionnement professionnel ; le développement social et communautaire ; la formation pastorale des membres ; la recherche et le plaidoyer en matière de politiques ; et le renforcement de la viabilité financière et des partenariats stratégiques.
Dans le prolongement des thèmes stratégiques susmentionnés, le MIIC Afrique poursuivra les six objectifs stratégiques suivants :
Objectif stratégique n° 1 : Renforcer les capacités organisationnelles du MIIC afin qu’elle puisse s’acquitter efficacement ses missions.
1.1.1 : Améliorer la prestation de services du secrétariat du MIIC ;
1.1.2 : Réaliser une évaluation des capacités organisationnelles et élaborer un plan d’amélioration ;
1.1.3 : Réviser et mettre en œuvre la structure de gouvernance et de gestion du Comité exécutif/Conseil d’administration du MIIC ;
1.1.4 : Élaborer des systèmes de gestion interne et des manuels de procédures du MIIC pour le Conseil d’administration, les ressources humaines, les finances et les achats ;
1.1.5 : Élaborer un protocole de communication ;
1.1.6 : Élaborer des plans de travail annuels pour mettre en œuvre le plan stratégique ;
1.1.7 : Élaborer un cadre de suivi, d’évaluation, de reporting et d’apprentissage (MERL).
Objectif stratégique 2 : Renforcer la capacité des mouvements nationaux, tant chez les professionnels que chez les jeunes, à concrétiser leurs buts, leurs objectifs et leurs aspirations.
2.1.1 : Mettre à jour la base de données des membres individuels et des mouvements affiliés
2.1.2 : Renforcer les capacités de gouvernance et de gestion des mouvements nationaux
2.1.3 : Élaborer une stratégie de mobilisation des nouvelles adhésions et retention des membres.
2.1.4 : Élaborer et mettre en œuvre une stratégie de mentorat et d’accompagnement pour les jeunes et les jeunes professionnels ;
2.1.5 : Établir des liens entre les mouvements nationaux et les diocèses et paroisses afin d’améliorer la visibilité et l’impact
2.1.6 : Mettre en relation les dirigeants gouvernementaux, les investisseurs d’impact et les experts techniques par le biais de réunions régionales, de webinaires et de formations en ligne, ainsi que d’échanges entre pairs.
Objectif stratégique 3 : Promouvoir les droits humains fondamentaux et les initiatives prioritaires de développement social aux niveaux national et sous-régional.
3.1.1 : Former les mouvements nationaux à la gestion du cycle de projet, y compris la planification, la mobilisation des ressources, la mise en œuvre, le suivi, l’évaluation, le reporting et l’apprentissage ;
3.1.2 : Mettre en relation les mouvements nationaux avec les diocèses et les paroisses afin d’identifier les projets prioritaires ;
3.1.3 : Fournir un soutien technique aux mouvements nationaux pour élaborer des propositions bancables pour leurs projets prioritaires
Objectif stratégique 4 : Approfondissement de la formation pastorale des professionnels et des mouvements de jeunesse
4.1.1 : Élaboration d’un programme de formation théologique des laïcs ;
4.1.2 : Renforcement des capacités théologiques et d’évangélisation des mouvements nationaux ;
4.1.3 : Établissement de liens avec d’autres mouvements laïcs et organisations partageant les mêmes valeurs en matière d’évangélisation.
4.1.1 : Élaborer des plans de plaidoyer en étroite collaboration avec les conférences épiscopales régionales et nationales ;
Objectif stratégique 5 : Renforcer le plaidoyer fondé sur des données factuelles pour des engagements efficaces visant à éclairer les politiques sur les questions nationales, régionales et mondiales
5.1.2 : Renforcement des capacités de plaidoyer des mouvements nationaux ;
5.1.3 : Mener des recherches éthiques sur les politiques relatives à des questions d’actualité ou émergentes aux niveaux national, régional et mondial ;
5.1.4 : Diffuser les résultats de la recherche par le biais de notes d’orientation, de publications, de conférences et de séminaires ;
5.1.5 : Organiser des forums de mise en réseau pour les professionnels et les experts en la matière, y compris des plateformes réunissant des chrétiens, des musulmans et des juifs, afin de discuter de questions communes.
Objectif stratégique n° 6 : Mettre en place une base financière durable et nouer des partenariats stratégiques afin de soutenir les activités et les programmes du MIIC
6.1.1 : Élaborer une stratégie de mobilisation des ressources ;
6.1.2 : Établir et renforcer les partenariats et les liens stratégiques ;
6.1.3 : Recourir à des instruments d’investissement tels que la propriété immobilière, les obligations, les fonds de dotation, etc.
Obligations stratégiques
Pour passer de la stratégie à l’action, le MIIC Afrique accordera la priorité à:
- des structures claires de gouvernance et de responsabilité
- la mise en œuvre efficace des systèmes et un suivi des performances
- la visibilité et une influence accrues aux niveaux diocésain, national et régional
- un mécanisme financement et partenariats durables
Résultat escompté
D’ici 2028, le MIIC Afrique aspire à devenir un mouvement continental bien géré, financièrement viable et visible, doté de sections nationales autonomes, d’une formation pastorale renforcée et d’une influence crédible dans les domaines de la justice sociale et du plaidoyer politique à travers l’Afrique.
QUESTIONS CLÉS POUR LES SÉANCES PRÉPARATOIRES AVANT ADDIS ABEBA (MARS -AVRIL 2026 )
SÉANCE 1 :
Viabilité du Secrétariat
Question centrale : Comment pouvons-nous financer et renforcer durablement le secrétariat régional sans surcharger les mouvements nationaux ?
Questions clés de réflexion
- Quel est le coût annuel minimum réel pour assurer le bon fonctionnement du secrétariat (personnel, administration, coordination) ?
- Quel serait le montant minimum annuel équitable et réaliste de la contribution par mouvement national ? (montant forfaitaire ou échelonné (en fonction de la taille/capacité), ou combinaison d’un soutien financier et non-financier?
- Quel pourcentage du budget du secrétariat devrait-il provenir, de manière réaliste, des mouvements nationaux, et quel pourcentage de financements externes ?
- Comment garantir l’équité, afin que les mouvements plus petits ou fragiles ne soient pas exclus ?
Questions déterminantes pour la prise de décision
- Quels sont les risques que nous devrons affronter si la pérennité du secrétariat régional n’est pas assurée ?
✅Résultats attendus :
- Identifier les scénarios de modèles de pérennité
- Principe de contribution minimale
- Prochaines étapes claires (étude, décision ou projet pilote)
Risques civils et ecclésiastiques et mesures d’atténuation
Question centrale : Quels sont les risques externes qui menacent notre mission, et comment les atténuer sans compromettre notre identité et notre crédibilité ?
Contexte civil / sociétal – Questions de réflexion
- Quelles sont les principales questions relatives aux droits de l’homme, à la démocratie ou à la justice sociale qui touchent nos membres et nos communautés ?
- Nos actions sont-elles perçues comme : un service fondé sur la foi, un activisme politique, ou quelque chose d’incompris entre les deux ?
- Quels risques courons-nous en tant que professionnels catholiques lorsque nous nous exprimons sur des questions d’intérêt public ?
SESSION 3 :
Thème annuel prioritaire pour l’ensemble du Mouvement
Question centrale : Comment renforcer la cohérence continentale tout en respectant le contexte et la créativité nationaux ?
Questions relatives à l’alignement stratégique
- Le fait de s’accorder sur un/des thèmes continental (aux) par an permettrait-il de renforcer la visibilité et l’unité, d’améliorer l’impact du plaidoyer, et de soutenir la collecte de fonds et les partenariats ?
- Comment les thèmes devraient-ils être sélectionnés (discernement continental, consultation des mouvements nationaux, contribution épiscopale) ?
- Comment garantir que les thèmes s’alignent sur la doctrine sociale de l’Église, les priorités du MIIC Afrique et les réalités sociales actuelles ?
Questions relatives à la mise en œuvre nationale
- Chaque mouvement national peut-il s’engager à : concevoir au moins un programme ou un ensemble d’activités autour du thème annuel ? intégrer le thème dans la formation, le plaidoyer ou l’action sociale ?
- De quelle marge de manœuvre les mouvements nationaux ont-ils besoin pour la mise en œuvre ?
- Quels rapports/comptes rendus minimaux devraient être exigés (activités, portée, apprentissages) ?
Questions relatives à la responsabilité et à l’apprentissage
- Comment les résultats thématiques seront-ils partagés et documentés au niveau régional ?
- Les thèmes annuels peuvent-ils alimenter : des notes d’orientation, des déclarations continentales, des moments de plaidoyer communs ?
- Comment documenter les leçons apprises d’une année à l’autre ?
✅ Résultats attendus :
- Accord sur l’approche thématique annuelle
- Principes de sélection des thèmes
- Attentes concernant la mise en œuvre nationale
À DISCUTER À ADDIS-ABEBA
Risques civils et ecclésiastiques et leur atténuation
Question centrale : Quels sont les risques externes qui menacent notre mission, et comment les atténuer sans compromettre notre identité et notre crédibilité ?
Contexte civil / sociétal – Questions de réflexion
- Quelles sont les principales questions relatives aux droits de l’homme, à la démocratie ou à la justice sociale qui touchent nos membres et nos communautés ?
- L’espace civique se rétrécit-il dans notre pays (restrictions à la liberté de réunion, d’expression, de plaidoyer, de financement) ?
- Nos actions sont-elles perçues comme : un service confessionnel, un activisme politique, ou quelque chose d’intermédiaire mal compris ?
- Quels risques courons-nous, en tant que professionnels catholiques, lorsque nous nous exprimons sur des questions d’intérêt public ?
Contexte ecclésiastique – Questions de réflexion
- Existe-t-il des tensions ou des malentendus entre notre mouvement et les responsables de l’Église ?
- Les évêques et le clergé comprennent-ils clairement notre mission ?
- Sommes-nous en phase avec les priorités épiscopales et les plans pastoraux sociaux ?
- Comment les changements de direction au sein de l’Église influencent-ils notre positionnement ?
Questions relatives à la gestion des risques
- Avons-nous défini clairement les limites de notre action de plaidoyer et les procédures d’approbation ?
- Quand devons-nous nous exprimer publiquement, et quand devons-nous agir en discrétion ?
- Comment protégeons-nous nos membres contre tout préjudice juridique, professionnel ou en matière de réputation ?
- Qui nous accompagne quand il y a des tensions, l’Église ou l’État ?
✅ Résultats attendus :
- Identification des risques civils et ecclésiastiques prioritaires
- Mesures pratiques d’atténuation
- Position de plaidoyer convenue (proactive, prudente, collaborative)
